Un certificat de filtre HEPA utile relie un filtre précis à ses conditions d’essai et à ses résultats. Lisez ensemble le numéro de série, le débit, la référence à la MPPS, l’efficacité globale et le résultat de recherche de fuites ; un « 99,995% » imprimé en grand ne suffit pas.
L’exemple H14 ci-dessous utilise des valeurs illustratives. Il ne s’agit pas du résultat d’essai d’un filtre livré.
Identifiez d’abord le document que vous avez
Ces documents répondent à des questions différentes :
| Document | Ce qu’il indique | Ce qu’il ne démontre pas à lui seul |
|---|---|---|
| Fiche technique du produit | Classe, dimensions, matériaux et données de fonctionnement déclarés pour le modèle | Résultat du filtre particulier livré |
| Rapport d’essai du média | Propriétés du matériau plan utilisé pour fabriquer le filtre | Intégrité du cadre, du bloc filtrant et de leurs liaisons une fois assemblés |
| Rapport d’essai individuel du filtre | Résultats consignés pour un élément filtrant identifié | Intégrité de son installation ultérieure |
| Rapport d’essai du filtre installé | Résultats du système filtrant à son emplacement d’installation | Remplacement du document de classification initial du fabricant |
| Certificat de système de management | Périmètre d’un système de management certifié | Efficacité ou résultat de fuite d’un filtre individuel |
EN 1822-1:2019 distingue les documents relatifs au média de ceux normalement fournis avec les éléments filtrants des groupes H et U. Elle relie également les exigences de rapport aux méthodes d’essai concernées. Demandez le document qui répond à votre question, plutôt qu’un document simplement intitulé « Certificat ». EN 1822-1:2019, section 8
1. Reliez le rapport au filtre avant de lire le résultat
Commencez par le fabricant, le modèle et le numéro de série. Comparez-les à l’étiquette du filtre et aux documents de livraison.
Le numéro de série est particulièrement important lorsqu’une livraison contient de nombreux filtres de mêmes dimensions. Même un rapport H14 aux bonnes dimensions est inadapté s’il concerne un autre exemplaire.
Vérifiez aussi les dimensions et la configuration. Deux filtres peuvent avoir la même largeur et la même hauteur, mais des profondeurs de cadre, des surfaces de média, des dispositifs d’étanchéité ou des débits nominaux différents. Tenez une fiche par numéro de série et reliez-la au rapport et à l’emplacement final du filtre.
Si le numéro de série du certificat ne correspond pas, demandez le bon document. Il peut s’agir d’une erreur administrative, mais elle doit être résolue avant d’accepter ce document comme justificatif pour le filtre concerné.
2. Lisez ensemble la norme, son édition et la méthode
« Testé selon EN 1822 » est moins utile qu’un rapport identifiant la base de classification et la méthode utilisée. La partie 1 européenne en vigueur est EN 1822-1:2019 ; le document international de classification est ISO 29463-1:2024. Fiche de publication BSI, ISO 29463-1:2024
Un rapport peut faire référence à plusieurs parties d’une norme. La classification, l’essai du média, la recherche de fuites et l’essai d’efficacité globale remplissent des fonctions différentes. EN 1822-1:2019 s’utilise avec les parties d’essai correspondantes d’EN ISO 29463, qui ont remplacé les documents EN 1822, parties 2–5. Vérifiez les éditions et références applicables ; les parties n’ont pas toutes besoin d’avoir la même année de publication. EN 1822-1:2019, avant-propos
La méthode compte aussi. ISO 29463-4 décrit la méthode de référence par balayage et d’autres méthodes de recherche de fuites pour certaines classes HEPA. EN 1822-1 n’autorise pas exactement les mêmes méthodes : son édition 2019 exclut le balayage au photomètre à aérosol de sa procédure de classification. « Testé au DOP » ou « soumis à un essai de fuite » ne démontre donc pas, à lui seul, l’application de la méthode de classification demandée dans votre commande. ISO 29463-4:2011, EN 1822-1:2019, sections 7.4–7.5
Si le cahier des charges exige un balayage individuel par comptage particulaire à la MPPS, recherchez le justificatif correspondant. N’acceptez pas une méthode différente au seul motif que les deux rapports utilisent le mot « fuite ».
3. Repérez le débit et la perte de charge mesurée à ce débit
Une perte de charge sans débit donne une comparaison incomplète.
Supposons qu’un rapport indique 600 m³/h et 100 Pa. La pression est liée à ce point de fonctionnement d’essai. Elle ne garantit pas que le même filtre restera à 100 Pa à un autre débit ou après plusieurs mois de chargement.
De même, le résultat d’efficacité correspond à des conditions d’essai définies. Vérifiez si le débit d’essai correspond au débit nominal de classification et à vos conditions spécifiées. Si l’application fonctionne en dehors des conditions du rapport, demandez les données de performance pertinentes plutôt que d’extrapoler à partir d’un chiffre unique.
Distinguez les questions de réception :
- Le filtre satisfait-il à la classe de filtration requise ?
- Sa perte de charge est-elle acceptable pour la conception de la ventilation au débit demandé ?
Un filtre peut satisfaire à la première exigence tout en restant inadapté au ventilateur ou à l’unité terminale.
4. Comprenez ce qu’indique la MPPS
La MPPS est la taille de particule la plus pénétrante dans les conditions d’essai considérées. Elle correspond à la partie de la courbe où l’efficacité est la plus faible, et non à la plus petite particule que le filtre peut retenir.
Repérez la MPPS ou la plage de tailles utilisée pour la mesure, ainsi que la façon dont elle a été déterminée à partir de l’essai du média. Le rapport peut indiquer une valeur unique, par exemple 0,18 µm, ou préciser également le canal de comptage. Le laboratoire doit pouvoir expliquer pourquoi cette taille ou ce canal représente la MPPS.
ISO 29463-5:2022 traite de la détermination de l’efficacité des éléments filtrants à la MPPS, avec notamment des dispositions concernant les MPPS inférieures à 0,1 µm et les médias synthétiques chargés électrostatiquement. Une règle imposant « 0,3 µm » sur tous les certificats HEPA serait donc incorrecte. ISO 29463-5:2022
Le nom de l’aérosol fait lui aussi partie de la méthode. DEHS, PAO ou tout autre aérosol spécifié est un matériau d’essai, pas une classe de filtre. Son nom ne suffit pas à expliquer la granulométrie, la réponse de l’instrument ou les seuils d’acceptation.
5. Distinguez l’efficacité globale du résultat local de recherche de fuites
L’efficacité globale, ou intégrale, décrit les performances de rétention de l’élément filtrant pris dans son ensemble pendant l’essai. L’essai local recherche les zones où la pénétration dépasse le critère local applicable.
Un bon résultat global peut masquer une petite zone défectueuse. L’essai local sert à détecter ce problème. Toutefois, la plus faible efficacité locale peut être inférieure au minimum global et rester conforme, car les deux limites sont différentes.
Pour la méthode de référence à la MPPS, H14 admet une pénétration globale maximale de 0,005% et une pénétration locale maximale de 0,025%. Ne comparez pas par erreur un résultat local à la limite globale. Tableau VDMA de classification des filtres
La relation est simple lorsque les deux valeurs sont exprimées en pourcentage :
Efficacité (%) = 100 − pénétration (%)
Une efficacité de 99,997% correspond à une pénétration de 0,003%, soit 0,00003 sous forme de fraction. Écrire 0,00003% mélange les deux formes et sous-estime la pénétration d’un facteur 100.
Bien lire un exemple de résultat H14
Ce qui suit est un exemple pédagogique. Ce n’est pas un certificat de libération de filtre et aucune performance d’un produit Ulpatek réel n’y est revendiquée.
| Champ illustratif | Valeur illustrative | Conclusion à en tirer |
|---|---|---|
| Identification | EXAMPLE-001 | Doit correspondre à l’étiquette d’un filtre réel dans un dossier réel |
| Classe requise | H14 selon EN 1822-1:2019 | Définit la classification évaluée |
| Débit d’essai | 600 m³/h | Définit le point de fonctionnement des mesures indiquées |
| Perte de charge à l’état propre | 100 Pa | À comparer à la résistance convenue à ce débit |
| Base de l’essai | Comptage particulaire à une MPPS de 0,18 µm | Identifie la base de mesure de l’efficacité dans l’exemple |
| Efficacité globale | 99,997% | Équivaut à une pénétration de 0,003%, inférieure au maximum global H14 de 0,005% |
| Pénétration locale maximale | 0,010% | Inférieure au maximum local H14 de référence de 0,025% |
| Résultat local exprimé en efficacité | 99,990% minimum | Cohérent avec une pénétration locale maximale de 0,010% |
| Conclusion du balayage | Aucune non-conformité locale détectée selon la procédure indiquée | Doit être étayée par la couverture réelle du balayage et le compte rendu d’essai |
Les deux résultats chiffrés sont compatibles avec leurs limites H14 respectives. L’efficacité locale de 99,990% n’est pas non conforme au seul motif qu’elle est inférieure à 99,995% : cette seconde valeur est l’exigence globale.
Ces chiffres montrent comment comparer chaque résultat à la bonne limite. Un certificat réel doit aussi comporter toutes les conditions d’essai, les informations sur les équipements et les enregistrements requis.
6. Le graphique de balayage est une donnée, pas un élément décoratif
Un rapport de balayage peut montrer des trajectoires, des coordonnées, des comptages ou une cartographie de la face aval. Repérez la légende, les unités, le seuil d’acceptation et l’orientation avant d’interpréter les couleurs.
Une tache colorée peut représenter un comptage relativement élevé mais encore acceptable. Elle peut aussi signaler un dépassement du seuil. Sans légende ni critères de résultat, impossible de savoir lequel.
Conservez les axes, les conditions d’essai et l’identification du filtre avec le graphique de balayage. Demandez le rapport qui explique la mesure et les critères d’acceptation avant d’interpréter le graphique.
Recherchez également la date d’essai, la référence du rapport, l’identification des équipements et la personne ou le système ayant autorisé le résultat. Certaines informations de traçabilité et d’étalonnage peuvent figurer dans des documents de laboratoire associés plutôt que sur un certificat d’une page. Demandez ces pièces si nécessaire. Tout n’a pas à tenir au recto du certificat.
Le certificat s’arrête là où commence l’installation
Le rapport d’usine doit accompagner le filtre pendant la livraison et le montage. Consignez l’emplacement final du filtre et reliez-le au rapport d’essai après installation.
Aucun des deux documents ne remplace l’autre. La pratique actuelle de l’IEST en matière de recherche de fuites couvre les essais à la fabrication, avant installation et après installation précisément parce que ce sont des étapes distinctes. IEST-RP-CC034.5
Questions fréquentes
La valeur 99,995% sur un certificat est-elle nécessairement un résultat mesuré ?
Non. Il peut s’agir de l’objectif ou du minimum pour H14. Repérez séparément les champs du résultat mesuré et du seuil d’acceptation. Un certificat qui ne fait que répéter le minimum de la classe ne montre pas, par ce seul chiffre, la mesure réelle du filtre.
« Sans fuite » signifie-t-il qu’aucune particule ne traverse le filtre ?
Non. Cela signifie que le filtre a satisfait au critère de fuite de l’essai indiqué. Les classes HEPA autorisent une pénétration non nulle. Demandez quelle méthode et quel seuil d’acceptation justifient la conclusion ; « sans fuite » n’affirme pas une pénétration absolument nulle.
Puis-je comparer directement un pourcentage au photomètre sur site avec le pourcentage à la MPPS mesuré en usine ?
Non. L’aérosol, la réponse de l’instrument, l’échantillonnage et la base d’acceptation peuvent différer. Interprétez chaque résultat avec sa propre méthode et ses propres limites. On ne peut pas interpréter un résultat sur site en le soustrayant simplement de l’efficacité d’usine imprimée sur le certificat.
Pourquoi un filtre E12 n’a-t-il pas le même certificat de balayage ?
E12 appartient au groupe EPA, dont la classification n’utilise pas l’exigence de balayage local des filtres HEPA. Demandez les documents de classification et de performance applicables, plutôt que de supposer que toutes les classes de filtres doivent être livrées avec le même format de rapport.



